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Le dispositif Jeanbrun est présenté comme le nouveau moteur de l’investissement locatif en 2026 après la fin du Pinel. Sur le papier, il ouvre la porte au neuf comme à l’ancien rénové. Dans la réalité, l’équation n’est pas la même. Et si le vrai gagnant de 2026 n’était pas l’ancien, mais encore le collectif neuf ?
À retenir en 30 secondes
Depuis la fin du Pinel, beaucoup d’investisseurs attendent un nouveau cadre fiscal capable de redonner de la lisibilité à l’immobilier locatif. C’est précisément l’ambition affichée du dispositif Jeanbrun, aussi présenté comme le nouveau statut du bailleur privé.
L’idée est simple sur le papier : remplacer la logique de réduction d’impôt par une logique d’amortissement fiscal, applicable au neuf mais aussi à l’ancien avec travaux, avec des loyers encadrés et une location nue de longue durée.
Dit comme ça, le message est séduisant. Encore plus si l’on veut faire revenir les investisseurs sur des opérations de rénovation.
Mais quand on regarde le sujet avec un œil terrain, une question apparaît tout de suite :
le dispositif Jeanbrun relance-t-il vraiment l’ancien, ou avantage-t-il surtout le collectif neuf sous une nouvelle forme fiscale ?
C’est là que le sujet devient intéressant.
Par rapport au Pinel, le changement de logique est important.
Le Pinel reposait sur une réduction d’impôt liée à la durée d’engagement locatif, avec un cadre zoné et très associé au neuf. Le dispositif Jeanbrun, tel qu’il est présenté début 2026, repose plutôt sur un amortissement d’une partie de la valeur du bien, avec un avantage fiscal qui dépend du niveau de loyer pratiqué.
Les grandes lignes communiquées dans la presse spécialisée et généraliste début 2026 sont les suivantes :
Sur le papier, cela change beaucoup de choses. Dans les faits, cela crée surtout deux marchés très différents.
C’est là que le débat devient intéressant, parce qu’il n’est pas seulement fiscal.
La vraie question est la suivante :
à conditions fiscales proches, où l’investisseur a-t-il le plus de chances de sécuriser son opération, son financement et sa sortie ?
Et la réponse n’est pas si confortable pour les défenseurs de l’ancien.
L’ancien a toujours trois atouts majeurs :
C’est précisément pour cela que beaucoup d’investisseurs aiment cet univers. On peut acheter imparfait, corriger, repositionner, et améliorer la valeur locative ou patrimoniale du bien.
Avec Jeanbrun, l’ancien paraît même retrouver un intérêt supplémentaire : si les travaux entrent bien dans le cadre, ils peuvent participer à rendre l’opération fiscalement plus lisible.
Sur le papier, c’est donc une bonne nouvelle.
Mais sur le terrain, c’est beaucoup moins simple.
Le problème n’est pas l’idée. Le problème, c’est l’exécution.
Dans l’ancien, le dispositif impose un niveau d’exigence qui peut vite sortir l’opération du domaine du “bon plan fiscal” pour la faire entrer dans celui du chantier lourd, long et risqué.
Les signaux publiés début 2026 évoquent notamment :
Et c’est ici que beaucoup de montages deviennent théoriquement beaux, mais pratiquement fragiles.
Pourquoi ?
Parce qu’entre un appartement ancien séduisant sur Excel et un bien réellement compatible avec :
il y a un gouffre.
Autrement dit, l’ancien n’est pas redevenu facile. Il est potentiellement revalorisé fiscalement, mais seulement pour ceux qui savent vraiment tenir une opération techniquement et financièrement.
Le gouvernement parle beaucoup de relance de l’investissement locatif, y compris dans l’ancien. Mais le vrai gagnant pourrait bien être encore le logement collectif neuf.
Parce que le neuf coche naturellement plusieurs cases que l’ancien doit aller chercher au prix d’un effort lourd :
En clair, là où l’ancien doit “mériter” son éligibilité par une exécution parfaite, le neuf arrive beaucoup plus souvent déjà prêt.
Cela ne veut pas dire qu’il est meilleur dans tous les cas. Cela veut dire qu’il est plus simple à sécuriser.
Et en immobilier, surtout en 2026, la simplicité opérationnelle redevient un vrai avantage compétitif.
Le neuf a pour lui :
Son défaut, on le connaît :
L’ancien a pour lui :
Mais ses défauts sont lourds :
La vraie conclusion n’est donc pas “ancien ou neuf”. La vraie conclusion, c’est :
Jeanbrun favorise le neuf par simplicité, mais peut rendre certaines opérations dans l’ancien très intéressantes pour les investisseurs les plus rigoureux.
Prenons deux investisseurs avec une enveloppe comparable.
Le rendement n’est pas forcément spectaculaire. Mais l’opération est simple, compréhensible, finançable.
Sur Excel, ce deuxième dossier peut sembler supérieur. Mais il devient vite plus fragile si :
La différence entre une belle opération et une erreur coûteuse se joue donc moins dans la promesse fiscale que dans la capacité à exécuter.
Pour un marchand de biens, le sujet n’est pas seulement locatif. Il est aussi commercial.
Le dispositif Jeanbrun peut changer la lecture de certaines sorties, parce qu’il redonne de la valeur à des biens susceptibles d’intéresser des investisseurs privés.
Mais il faut raisonner correctement.
Un produit ancien mal placé, mal distribué, lourd à rénover ou impossible à hisser au bon niveau énergétique ne devient pas intéressant parce qu’un nouveau cadre fiscal existe.
Un bien lisible, rénovable, bien placé, avec une cible investisseur claire, peut devenir plus facile à vendre si son cadre fiscal est compris rapidement.
Si vous revendez un bien ancien à un investisseur, vous êtes mis en concurrence implicite avec du collectif neuf, plus simple à lire et parfois plus rassurant.
Le vrai moteur reste :
Le dispositif Jeanbrun peut relancer une partie de l’investissement locatif. Mais il ne faut pas se raconter d’histoire.
Oui, l’ancien peut redevenir intéressant. Mais pas n’importe lequel, pas à n’importe quel prix, et pas avec n’importe quels travaux.
Oui, le neuf peut profiter fortement du nouveau cadre. Et c’est probablement lui qui part avec le plus d’avance en 2026, parce qu’il répond plus naturellement aux contraintes du dispositif.
Si l’on veut résumer le sujet franchement :
Jeanbrun peut rouvrir le jeu dans l’ancien, mais aujourd’hui le vrai favori reste le collectif neuf.
Et c’est justement pour cela que les meilleurs investisseurs ne regarderont pas seulement la fiscalité. Ils regarderont la capacité réelle du bien à tenir dans le temps, à rester louable, et à sortir proprement.
Vous voulez apprendre à analyser une opération au-delà de la promesse fiscale, en intégrant vraiment le prix d’achat, les travaux, la sortie et le risque ? Chez Acheteur de Maisons, on forme les investisseurs et futurs marchands de biens à lire une opération comme un professionnel, pas comme une brochure commerciale.
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Sources consultées
Le Monde SeLoger Vinci Immobilier. Les paramètres définitifs du dispositif peuvent encore évoluer selon les textes d’application et la doctrine fiscale.