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Passoires thermiques DPE F/G : opportunité ou piège pour le marchand de biens ?

Passoires thermiques DPE F/G : opportunité ou piège pour le marchand de biens ?

À retenir

  • Les passoires thermiques DPE F/G représentent une décote d’achat de 10 à 25 % selon la zone, exploitable en MDB.
  • L’interdiction de louer un DPE G est entrée en vigueur en 2025 ; les DPE F suivent en 2028 — pression vendeuse réelle.
  • En MDB, vous pouvez acheter, rénover et revendre sans contrainte locative : la réglementation ne s’applique pas à la revente.
  • Budget travaux moyen : 300 à 600 €/m² pour passer d’un G à un C ; à intégrer dès l’offre d’achat.
  • MaPrimeRénov’ et CEE ne sont pas accessibles aux marchands de biens professionnels — travaillez votre marge sans subventions.

La passoire thermique marchand de biens est aujourd’hui l’un des sujets les plus stratégiques du secteur immobilier. Depuis l’interdiction de mise en location des logements classés G en 2025, des milliers de propriétaires se retrouvent avec un actif qu’ils ne peuvent plus valoriser — et qui devient de plus en plus difficile à vendre. Pour le marchand de biens, c’est une opportunité de décote à la source, à condition de maîtriser les règles du jeu, les coûts réels de rénovation énergétique et les zones où la revente est fluide. Voyons ensemble quand ça marche, quand ça piège, et comment raisonner avant de signer.

Passoire thermique marchand de biens : ce que dit la loi en 2026

La loi Climat et Résilience de 2021 a posé un calendrier progressif d’interdiction de mise en location des logements énergivores :

  • Depuis le 1er janvier 2025 : les logements classés G+ (consommation > 450 kWh/m²/an) ne peuvent plus être mis en location pour un nouveau bail.
  • À partir de 2025 (progressif) : l’ensemble des G sont concernés selon leur date d’entrée en vigueur du bail.
  • 2028 : les logements F rejoignent le dispositif.
  • 2034 : les E seront à leur tour dans le viseur.

Pour le marchand de biens, ces règles s’appliquent différemment : elles concernent la mise en location, pas la vente ni la détention en vue de revente. Autrement dit, vous pouvez légalement acheter un DPE G, le rénover (ou pas, si le projet le justifie), et le revendre — sans aucune obligation d’atteindre tel ou tel niveau énergétique avant la cession. Ce que vous ne pouvez pas faire, c’est le louer temporairement pendant les travaux si vous souhaitez percevoir des loyers en cours d’opération.

Un point souvent mal compris : les acheteurs finaux (particuliers ou investisseurs) qui reprennent le bien rénové seront, eux, soumis aux obligations de leur propre usage. Vendre un bien en DPE C à un investisseur locatif en 2026 ne pose aucun problème. Vendre un DPE G « en l’état » à un particulier souhaitant le louer immédiatement est une tout autre affaire — à anticiper dès la rédaction du compromis.

Décrypter la décote : à quel prix acheter une passoire thermique pour rester rentable ?

La décote sur une passoire thermique varie significativement selon la localisation, la taille du bien et la profondeur des travaux à prévoir. En zone tendue (grandes villes, littoral breton prisé), la pression sur les vendeurs est plus forte, mais la revente post-rénovation absorbe mieux les coûts. En zone rurale ou semi-rurale, le marché est plus fin — et l’erreur d’appréciation plus coûteuse.

Les ordres de grandeur constatés sur le terrain :

  • DPE F : décote de 8 à 15 % par rapport à un bien équivalent en C ou D, selon la commune.
  • DPE G : décote de 15 à 25 %, parfois davantage si le propriétaire est pressé (succession, divorce, mutation).
  • Passoire + travaux lourds combinés : l’effet cumulatif peut dépasser 30 % — mais attention, le budget rénovation s’envole aussi.

En matière de passoire thermique marchand de biens, le calcul repose sur une équation simple : Prix d’achat + Travaux + Frais + Marge ≤ Valeur de revente post-réno. La passoire thermique joue sur le premier terme. Mais elle n’améliore la rentabilité que si le delta travaux est maîtrisé. Un DPE G masquant une toiture sinistre, une charpente hors d’âge et des réseaux vétustes peut annuler l’intégralité de la décote.

Estimer le coût d’une rénovation énergétique : les vrais chiffres

L’un des réflexes essentiels du marchand de biens face à une passoire thermique est d’obtenir un chiffrage précis — pas une estimation au doigt mouillé — avant de signer le compromis. Voici les postes à budgéter :

Isolation (combles + murs) — le geste le plus impactant

Combles perdus : 25 à 45 €/m². Isolation par l’extérieur (ITE) : 120 à 200 €/m² de façade. Isolation par l’intérieur : 70 à 130 €/m².

Chauffage — remplacement de chaudière fioul ou électrique

Pompe à chaleur air/eau : 8 000 à 15 000 € posée. Poêle à granulés : 4 000 à 7 000 €. Ces choix conditionnent le saut de classe énergétique.

Menuiseries — fenêtres et portes

Double vitrage PVC : 300 à 600 €/fenêtre posée. Impact sur le DPE : modéré seul, mais combiné à l’isolation, significatif.

Pour passer d’un DPE G à un DPE C sur un pavillon ou une longère bretonne de 100 m², prévoyez entre 30 000 et 60 000 € de travaux énergétiques, hors ravalement, hors remise aux normes électriques ou plomberie. La règle terrain AMB : on ne compte pas les aides (MaPrimeRénov’, CEE) dans le budget MDB — elles ne sont pas accessibles au professionnel. On les considère comme un bonus éventuel pour l’acquéreur final, argument de vente, pas variable de votre rentabilité.

Deux liens utiles pour affiner vos estimations : l’observatoire MaPrimeRénov’ du gouvernement pour suivre les barèmes 2026, et l’espace rénovation de l’ADEME pour les coûts de référence par poste.

Quand la passoire thermique est un piège : les signaux d’alarme à détecter

Toutes les passoires thermiques ne sont pas des opportunités. Voici les cas où la passoire thermique marchand de biens peut se transformer en gouffre financier :

  • Le DPE G « de façade » : certains biens affichent un G uniquement parce que le DPE a été fait sans chauffage en place (logement vide depuis des années). La consommation réelle est meilleure — mais la décote s’applique quand même. Vérifiez le détail du rapport.
  • Le G + problème structurel : une passoire dans un bien avec humidité capillaire profonde, pont thermique en béton banché des années 70 impossible à traiter, ou toiture amiante. La rénovation énergétique ne peut pas être dissociée du reste — le budget explose.
  • La zone sans demande post-réno : dans certaines communes bretonnes reculées, le marché des biens rénovés DPE B/C n’existe pas encore. Vous investissez dans la rénovation mais ne pouvez pas valoriser la plus-value attendue.
  • Le timing de revente : une rénovation énergétique complète prend 4 à 8 mois. Sur une opération MDB, ça allonge significativement la durée d’immobilisation — et les frais financiers.
  • Le vendeur trop optimiste : certains propriétaires intègrent la décote « théorique » dans leur prix mais majorent ailleurs. Quand le DPE G + toiture à refaire + mises aux normes diverses s’additionnent, la décote réelle doit être bien plus forte.

La règle d’or : faites intervenir un diagnostiqueur et un artisan de confiance avant le compromis, ou en tout cas dans le délai de rétractation. Un audit énergétique (250 à 600 €) est un investissement dérisoire face à une erreur de 30 000 € sur le budget travaux.

Questions fréquentes

Un marchand de biens peut-il acheter et revendre une passoire thermique sans la rénover ?

Oui. La réglementation sur les DPE F/G concerne la mise en location, pas la vente. Vous pouvez revendre un bien en l’état. Cependant, l’acheteur devra être informé du classement via le DPE annexé au compromis, et s’il est investisseur locatif, il devra rénover avant de louer. Cette transparence affecte votre prix de revente — à intégrer dans votre calcul de rentabilité.

MaPrimeRénov’ est-elle accessible au marchand de biens ?

Non. MaPrimeRénov’ est réservée aux propriétaires occupants et, dans certains cas, aux bailleurs particuliers. Les personnes morales exerçant une activité de marchand de biens (SAS, SARL) en sont exclues. Ne comptez donc pas sur ces aides dans votre montage financier.

Quelle décote réaliste négocier sur un DPE G en Bretagne ?

Entre 12 et 20 % par rapport à un bien équivalent en bon état énergétique, dans la plupart des communes du Morbihan et du Finistère. En zone littorale (Lorient, Vannes, Quimper), la demande soutenue réduit la décote à 8-12 %. En zone rurale profonde, elle peut atteindre 25 % voire plus, mais le marché à la revente est aussi plus étroit.

Faut-il un audit énergétique pour acheter une passoire thermique en MDB ?

Depuis 2023, un audit énergétique est obligatoire (en plus du DPE) lors de la vente de maisons individuelles classées F ou G. En tant qu’acheteur, vous devez le recevoir. En tant que revendeur, vous devrez le fournir à votre tour. Il est recommandé de le faire réaliser dès l’acquisition pour chiffrer précisément le scénario de rénovation que vous proposerez.

Quel DPE cible viser en sortie d’opération MDB ?

DPE C minimum pour maximiser la revente à un investisseur locatif (conforme 2028 et au-delà). Un DPE B est un argument commercial fort mais rarement justifié économiquement sur une opération MDB à marge courte. Entre un C à 40 000 € de travaux et un B à 65 000 €, la plus-value de revente justifie rarement l’écart — sauf en zone très tendue.

Passoires thermiques en Bretagne

Vous avez repéré une passoire thermique à potentiel ?

AMB vous aide à analyser la faisabilité, chiffrer les travaux et structurer l’opération. Nous avons l’expérience du terrain breton — et les artisans qui vont avec.

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